contact@savantconseil.fr

Les

ApprentisSages

du 

Management

Arrêter son cerveau. Managers, dîtes STOP.

05/03/2020

Arrêter son cerveau. Managers, dîtes STOP.

Les fesses sur le canapé mais la tête au bureau. Il est temps de dire STOP.

Cadre, responsable, cheffe, chef, manager, pilote, ou encore directrice, directeur, présidente, président, nous partageons tous un point commun : de nombreuses responsabilités. Nous sommes responsables de l'activité d'une personne, de deux, trois, cinquante, cent, mille, cinq milles. Nous devons prendre des décisions, arbitrer, décider, trancher, écouter, comprendre, savoir, distribuer, élaborer, coopérer, sanctionner, et nous devons faire tout cela en notre âme et conscience. Dès lors il est normal et naturel que nous soyons tous unis dans la même douleur :

 

Un cerveau qui ne s'arrête jamais.

 

Deux choses nous empêchent d'éteindre notre cerveau à la maison. Deux obstacles à notre tranquillité et sérénité. Deux aspects de notre travail que nous avons l'habitude de dissocier mais qui agissent pourtant constamment en synergie : l'activité et les relations humaines.

 

Le plan de charge, les décisions stratégiques, la production, la productivité, sont de nombreuses déclinaison de la même chose : la gestion de l'activité. Et quand celle-ci est dans une bonne période, notre cerveau est accaparé par les divers conflits relationnels, le manque de motivation des équipes ou les incompétences de certains.

 

Ce sentiment de ne jamais s'arrêter est obsessionnel. Il est impossible de dire STOP à son cerveau, impossible de faire le vide. Il est possible de se réfugier dans le déni et le calme olympien, mais notre corps nous rappelle toujours à l'ordre : psoriasis, eczéma, pellicules, ulcère, problèmes intestinaux, perte de sommeil, bruxisme (grincer des dents), le stress s'exprime de diverses manières. Comme si cela ne suffisait pas, l'irritabilité, le repli sur soi, la tête dans les nuages, la perte d'écoute et de concentration, la perte d'envie et de vivacité, viennent "pimenter" la vie de couple ou de famille. 

 

Le sacrifice personnel est imputable au manager.

 

Vous n'êtes pas dupes, et la plupart des managers savent réagir quand un problème se présente à eux. Ils ont trouvé deux parades.

 

Trucs et astuces ? 

 

La première consiste à essayer tout plein de trucs et astuces qui n'ont pas vraiment de liens entre eux. Car plus vous visez large, plus vous avez de chances de tomber sur quelque chose adapté à votre cas et qui va fonctionner. Enfin en théorie. Vous soignez votre alimentation, votre heure de coucher, de lever, vous évitez la télé le soir, vous racontez votre journée sans savoir si votre conjoint.e vous écoute. Vous faîtes bien sûr une activité physique pensant que si vous dépensez votre corps dans un sport il n'aura plus d'énergie pour s'attaquer à vous démanger ou vous couper l'appétit. Si je résume, le problème est extérieur (trop de boulot) et la solution se centre sur vous (bien manger, bien se dépenser, bien dormir).

 

Sans moi c'est foutu. 

 

La seconde solution est plus fourbe mais beaucoup plus efficace. Elle consiste à assumer jusqu'au bout votre fonction. Elle est rassurante. Pour cela le manager a besoin de se convaincre qu'il est indispensable. Il regarde ses e-mails à 21h, il décroche le téléphone durant ses congés, il fait de la rétention d'informations, il parle boulot à la maison, en soirée, au petit-déjeuner, il fait des heures non-payées, bref, il s'investit comme jamais. Notez toutefois si vous pratiquez cela, que vous indiquez à vos équipes que sans vous elles sont incapables de faire quoique ce soit. Ce n'est pas gage de motivation ni d'implication pour elles, mais nous ne sommes jamais mieux servis que par nous-même d'après le dicton.

 

Donne-toi à fond, sinon rien.

 

La société nous pousse à ne pas tolérer les managers qui ne se donnent pas à fond. Je citerai en retour Jean-François Zobrist, PDG, deux réunions par mois, qui a fait exploser le capital de son entreprise dans les années 90. Des managers ont suivi ses traces, mais ils ne sont que des exceptions. L'image, en France, qu'un président, directeur, manager, ou même parfois chef d'équipe doit être occupé, réunions sur réunions pour le bien de son entreprise est encore forte. Un manager qui ne fait "que" ses heures de travail est très mal vu. 

 

Etre surbooké, c'est ça l'exemple ?

 

Le sacrifice personnel est indispensable par soucis d'exemplarité. Mais au lieu de montrer un exemple d'un manager productif, calme, serein, maître de son temps, qui a toujours un coup d'avance, nous préférons l'exemple d'un manager qui a toujours trop de boulot, trop à faire, trop occupé, en bref, absent pour le reste du monde. 

 

Et nous voulons fédérer les équipes avec ça ?

 

Il n'est pas mauvais de vouloir se détacher de cette image. Cette dernière a été fabriquée par de multiples générations de l'histoire qui ne correspondent plus au Monde d'aujourd'hui. Le Monde de la consommation frénétique, production illimitée, compétition, apogée du travail dans l'existence, déshumanisation des procédés, du "je profiterai plus tard", est fini. Il s'ouvre sur un Monde du raisonnable, de l'équilibre, de la diversité, du vivre ensemble, de la coopération, du plaisir, de l'innovation.

 

Il n'y a pas de besoin de se sacrifier pour être productif. Cicéron, philosophe romain, disait il y a plus de 2 000 ans que nous commettons l'erreur de croire "qu'un gain personnel se fait toujours aux dépens des autres", et j'ajouterai, aux dépends de nous-même. Il faut distinguer ce qu'appelle Tom Ferris, le sacrifice personnel de la productivité individuelle. La quantité ne fait pas la qualité. "Plus" ne veut pas dire "mieux". 

 

Marre des tableaux de bord.

 

J'entends par là que ce n'est pas parce que nous avons 50 tableaux de suivi dans le service plutôt qu'une simple dizaine que nous suivons mieux notre activité. Nous nous donnons du travail, nous choisissons notre peine. Nous nous attardons en discussions et débats sur des choses que nous ne pouvons pas changer ; nous refusons de mettre de côté des choses insignifiantes, ni même penser qu'elles peuvent l'être, car un manager doit s'occuper de tout bien sûr, dans la pensée populaire ; nous reléguons l'apprentissage et la formation au rang des choses que nous pourrons faire quand "nous aurons un peu de temps" car ce n'est pas si important d'acquérir des compétences, cela passe après.

 

Nous adorons être dans l'action, car elle est facile. "Qu'on laisse un roi tout seul sans compagnie, penser à lui tout à loisir ; et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères." disait Blaise PASCAL, philosophe français du 17ème siècle. Réfléchir profondément à l'avenir, de soi-même, de ses compétences, des compétences de son service, des valeurs, de la direction à donner, est coûteux en énergie et en concentration.

 

Souhaitez-vous pour vos enfants la vie que vous menez actuellement ?

 

Je vous propose une autre approche. Je vous propose d'en finir avec le travail à la maison, les conflits relationnels, les choses qui se répètent inlassablement, les peurs, les masques, et les dossier en retard.

 

Je vous propose de vous concentrer sur le Monde pour vous soigner vous, d'accepter que nous choisissons notre façon de travailler, les valeurs qu'on défend, les contraintes qu'on s'impose, et l'exemple que l'on donne. Je vous propose d'agir avec sagesse pour réinventer le Monde du travail dans nos organisations qui peuvent encore devenir meilleures. Nous pouvons nous réinscrire dans une démarche sage et responsable, en réfléchissant sur ce qui construit réellement le monde professionnel dans lequel nous acceptons de vivre.

 

Les ApprentisSages du management.

 

La sagesse en entreprise ne consiste pas à vivre dans le monde des bisounours. Prenez la saison 1 du Podcast SavantConseil par exemple, nous y avons appris à dire non à un collaborateur, à cadrer, recadrer et sanctionner quelqu'un, à mieux préparer des réunions de négociations parfois difficiles. Invitez la sagesse dans le monde du travail est un pas vers la construction durable des relations, des produits, de la consommation, des stratégies, des innovations, avec un œil philosophique sur le rôle d'une entreprise et de chacun.

 

Pas de trucs et astuces.

 

Les trucs et astuces sont intéressants dans la mesure où ils donnent de la matière à travailler directement. Mais à force de trucs et astuces, la parole du manager peut devenir mécanique, insensible, détachée. Misez sur le long terme. Transformez-vous. Ne "jouez" pas au manager, "devenez" manager si vous souhaitez acquérir durablement votre légitimité.

 

Vous devez être clair avec vous-même avant d'être clair avec les autres. Vous devez trouver votre posture, vos valeurs, vos priorités, ce qui est important pour vous, ce à quoi vous aspirez, où vous souhaitez aller, quel héritage vous souhaitez laisser. Il s'agit d'un véritable changement intérieur qui ne vous dispensera de trucs et astuces. Si vous êtes à l'aise avec les valeurs que vous défendez, vous n'aurez pas besoin de taper du poing sur la table, de bomber le torse, et de faire 70h par mois pour être légitime auprès de vos équipes.

 

Coupez le jus.

 

Être tout le temps dans le jus est contre-productif. Un sportif se repose, pourtant qui plus qu'un sportif cherche la performance ? Si vous souhaitez être performant, vous devez être reposé. Physiquement. Mentalement. Je n'enseigne pas la méditation ni la mindfulness, un courant managérial en vogue en ce moment, cependant si elle est nécessaire pour apaiser la tempête d'idées qui sévit dans votre tête, méditez. La plupart du temps ces idées concernent d'autres personnes, ce qu'un tel a dit, ce que vous auriez pu dire, prenez un peu de temps pour vous et lâchez prise.

 

La bienveillance comme valeur.

 

Je cite Socrate, 500 ans avant notre ère : "Soyez ouvert, amical et positif avec les autres, tout le monde mène un combat long et difficile". Nous disions qu'il fallait se tourner vers l'extérieur pour se guérir. Tournez-vous vers votre équipe, écoutez-la, ses besoins, ses aspirations, son expérience. Posez des questions précises, cela vous aidera à combler vos lacunes tout en les forçant à synthétiser, expliquer. Vous passerez pour celui ou celle qui a les justes questions, les justes interrogations, et non pour le manager qui ne sait pas.

 

Le premier pas consiste à comprendre que nous sommes tous dans le même bateau. J'aime à dire que les huit formes d'intelligence nous enseignent que votre salarié aurait pu être votre patron si le système d'éducation national privilégiait d'autres formes d'intelligences que la logique ou la linguistique. Nous avons profité d'un système qui ne récompense pas tout le monde à sa juste valeur. Pourtant, c'est votre rôle de manager de détecter le potentiel de chacun.

 

La rigueur dans votre jugement.

 

Le sage n'offre pas de privilèges. Il est juste et bon. Il se détourne de ce qui est faux, mauvais, et inutile, autrement dit, des rumeurs (les trois tamis de Socrate). Il se concentre sur ce qui est important. Il fait le travail d'aller chercher l'essentiel, de mettre son énergie et celle de son équipe dans ce qui a de l'importance. Cette rigueur entraîne la recherche d'une productivité individuelle à la hauteur de ce que chaque personne est capable de fournir, et non pas la valorisation conventionnelle d'un sacrifice inutile et contre-productif.

 

La maîtrise des temps.

 

Socrate avait le talent de faire naître la sagesse chez les autres. Ainsi créa-t-il la maïeutique, qui se décline aujourd'hui sous l'art de poser les questions. Cet art repose sur la maîtrise des temps. Si vous maîtrisez le passé par ses enseignements, le futur par la vision que vous inspirez aux autres, et le présent pour passer à l'action, vous oublierez très vite le conditionnel, un temps pourtant quotidiennement utilisé dans le monde de l'entreprise.

 

Je vous ai montré quel impact a le passé dans nos préjugés et nos jugements, et je vous peins l'image d'un manager que vous deviendrez. Alors abonnez-vous sur le site www.savantconseil.fr pour réfléchir une fois par mois, tous ensemble, au monde de demain.

 

"Tout ce qui peut être fait un autre jour peut être fait aujourd'hui" Michel de Montaigne.

 

 

 

 

 

Appliquer le SWOT - forces, faiblesses, ... Les jeunes cadres révolutionnent le monde du travail.