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Le coronavirus nous apprend qu'il n'y a plus besoin de managers.

06/04/2020

Le coronavirus nous apprend qu'il n'y a plus besoin de managers.

Allons-nous dire notre dernier mot ?

Les conséquences du confinement sont claires et brutales. Que peut faire un manager avide de contrôle en ces temps si difficile de télétravail ?

 

D'une part il peut partir de l'hypothèse que le télétravail est une garde d'enfant déguisée, ou bien un jour de semi-congés. Sa peur d'absence de contrôle total ne peut que le réorienter vers des appels téléphoniques massifs à la limite du harcèlement, ou une perte in-quantifiable de temps passé à donner deadline sur deadline à ses équipes. Celles-ci seront d'ailleurs plus occupées à remplir les tableaux de suivi ou à rédiger leur feedback heure par heure plutôt qu'à se concentrer sur le réel travail productif.

 

Comme disait Confucius il y a 2500 ans, "L'homme de Bien attend beaucoup de lui-même, l'Homme de peu attend tout des autres". Le manager s'efforcera de presser jusqu'à la dernière goutte de patience et de motivation de ses équipes travaillant à distance, quitte à passer son temps à surveiller et contrôler les autres, plutôt qu'à avancer dans son travail.

 

A bout de force, le manager lâchera néanmoins son emprise sur ses équipes.

 

Bien obligé de leur faire confiance, le manager souhaitera dans sa plus profonde intimité que tout se passe mal. Il ne peut imaginer que cela se passe bien, et que sans son contrôle tout aille pour le mieux, si ?

 

Il se pourrait que dans sa rigueur légendaire il souhaite apprendre à devenir bienveillant tout en restant rigoureux. Il se pourrait même qu'il finisse par lire la règle du 97/3 sur le site de SavantConseil. 

 

Bien évidemment, le manager acharné de travail n'avouera pas qu'il est devenu plus productif.

 

Pris dans ses préjugés, il filera dans la première librairie d'ebook qu'il trouve pour apprendre à être concentré à la maison. Car bien évidemment, pour lui c'est impossible. Il tombera certainement sur le livre de Carl Newport, DEEP WORK, qui lui enseignera comment il est possible de rentrer dans un état profond de concentration pendant de longues heures, au prix d'un exercice quotidien et assidu.

 

Le manager testera et apprendra très vite ses techniques qui peuvent lui rappeler ses années de jeunesse où il passait de nombreux concours. Il grognera que ses équipes pourraient être encore plus productives si elles consentaient à travailler en deep work au bureau. Mais pour cela, il faudrait qu'il apprenne à déléguer et à faire la différence entre le "comment" et le "pour qui". 

 

Ce manager n'a malheureusement pas suivi le cours gratuit sur l'agenda des priorités de SavantConseil, et une fois qu'il tout se remettra en route, il ne démontrera aucune évolution.

 

De toute façon ce n'est pas sa faute, les VPN sont saturés.

 

Le manager fait ce qu'il peut pour rester connecté. Hélas, les consignes pour laisser la possibilité à tous d'accéder à la messagerie professionnelle de manière sécurisée par le VPN de l'entreprise le contraignent à n'accéder qu'à ses e-mails trois fois par jour. Il commence très tôt sa journée, à 07h30. Puis juste avant ou après manger. Et enfin, il arrive à y accéder le soir pour finaliser sa journée.

 

Il se rend vite compte que le Monde tourne très vite et très bien sans qu'il soit présent pour regarder les e-mails dès qu'ils arrivent dans la boîte. Serait-ce possible que cela soit une des clés d'une meilleure productivité ?

 

Non, impossible. Sans lui ses équipes sont perdues. D'ailleurs, elles n'ont pas donné de nouvelles depuis le début de la lecture de cet article. Il faudra sérieusement penser à leur reprocher. Pourquoi ne pas attendre l'entretien professionnel pour cracher ce venin ?

 

Bien évidemment, le manager n'aura pas écouter le Podcast de SavantConseil qui sort cette semaine, pour réintroduire un peu de sagesse dans le monde du travail, et qui explique les fondamentaux d'un entretien de cadrage et de recadrage. Il restera donc maladroit et blessant tout simplement parce qu'il ne sait pas faire. A l'évidence, il s'enfermera dans ses remparts pour éviter toute émotion qui le mettrait face à son incompétence. Il est plus facile de critiquer que d'enseigner, n'est-ce pas ?

 

Il n'en fermera pas les yeux la nuit d'être aussi inutile.

 

Rapporter du travail à la maison est plutôt bien vu dans son entreprise. Cela témoigne d'une implication extrême, d'un dévouement corps et âme à l'entreprise. Mais, quand le travail est déjà à la maison en télétravail, que reste-il à notre manager pour se distinguer ?

 

Il est acquis de dire qu'un manager n'est pas là pour se faire aimer de son équipe. Admettons-le. Une question alors me brûle les lèvres. Qu'en est-il de se faire aimer de sa hiérarchie ?

 

Si vous souhaitez dormir tranquille le soir, suivez mon conseil : un sage ne cherche pas la distinction. Comme disait Socrate, "vous devenez ce que vous pensez". Alors soyez à l'écoute de vos pensées et aspirations. Vous êtes là pour que vos équipes ne connaissent pas de limites.

 

Néanmoins, ce confinement nous apprendra peut-être quelque chose : à déconnecter. En télétravail, un rituel de fin est nécessaire pour signaler à son cerveau que la journée est finie. Une tisane, quelques poses de yoga, une méditation, un simple claquement des mains, peu importe, un rituel. Un rituel pour dire : "c'est fini".

Process pour mettre à jour les process. Et puis quoi encore?