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LA RÈGLE DU 97-3 , OU COMMENT SUPERVISER

 

Vous avez envie de devenir le manager le plus rentable de l'entreprise.

 

Mais vous devriez viser plus haut que ça. Vous méritez d'être le plus rentable, le plus aimé par vos collaborateurs et votre hiérarchie, en faisant en plus ce qui vous plaît vraiment : manager.

 

Mais aujourd'hui vous n'avez pas vraiment le temps de vous imaginer dans cette situation.

 

Perdu entre les parapheurs qui vous arrivent à longueur de journée pour signature, les coups de fil des collègues, des clients, de la direction, des salariés, les réunions qui ont tendance à s'éterniser pour repousser le moment où chacun devra retourner à ses tableaux de bords, vous n'avez plus tellement le temps de prendre des gants avec vos salariés. Vous avez donc perdu le goût du management car vous passez plus de temps à réparer ce qui ne fonctionne pas plutôt qu'à vous plonger dans des projets qui pourraient rapporter gros. 

 

Mais la solution est pourtant simple. Il faut se focaliser sur le 97-3 et faire preuve de bon sens.

 

La règle que j'appelle le 97-3 est un premier pas pour fluidifier votre organisation. Vous pourrez commencer à dire au revoir aux salariés démotivés et aux managers abusés.

 

En tant que manager, j'ai dû faire face à des salariés démotivés. Il faut dire que les salariés français sont les plus démotivés d'Europe (données Gallup 2018). Mais vous, vous êtes là pour vous assurer qu'ils produisent suffisamment. Alors vous avez essayé les techniques de base pour les motiver : prime, bonus, privilèges, loto, compétition, groupe de travail, espace de détente, tchat... Vous avez peut-être même fait appel à un coach, fait des formations sur la communication, essayé de déléguer et de responsabiliser vos salariés. Il existe plein de choses. 

 

Maintenant que vous vous êtes aperçus que tout cela ne fonctionne pas, c'est votre confiance et votre image qui sont en jeu. Et cela vous empêche de décrocher. Votre cerveau tourne en boucle le soir devant la télé, à table devant votre assiette de petits pois, puis la nuit au coucher vos yeux restent grands ouverts... Et déjà le réveil sonne le glas du cycle sans fin.

 

Alors levez-vous avec un autre état d'esprit demain. La source de votre problème : vous faîtes au plus facile.

 

Écoutez cela : Quand j'ai emménagé dans ma nouvelle maison avec mes trois chiennes, un avenir plus serein s'ouvrait devant moi dans cette immense maison et jardin luxuriant. Pourtant, elles se sont mises à aboyer comme jamais. Toute la journée ! J'avais vraiment peur qu'un de mes voisins, pris d'une soudaine folie, entre chez moi, ouvre le portail, libère mes chiennes et qu'elles se précipitent sur la route. J'ai donc appliqué la solution la plus évidente qui s'offrait à moi : je les ai laissées toute la journée dedans. C'était facile, un simple tour de clé. Mais pourquoi faire ça ?

 

Parce que j'avais peur de ce qui pouvait arriver, alors j'ai eu le besoin de tout maîtriser. Mais ce fut bien pire après.

 

Je faisais parfois des journées hors de la maison de 07h00 à 19h30. Mes chiennes étaient intenables, je ne les reconnaissais plus. Il fallait quand rentrant je les sorte promener des heures durant, pour qu'elles se calment. Ainsi, mes journées étaient devenues écrasantes, et je n'avais plus le temps de rien. Je devenais esclave de mon envie de contrôle, par peur qu'il arrive quelque chose.

 

Quand je n'en puis plus, je les laissai dehors. Toute une journée. Entière. Savez-vous ce qui s'est passé ? 

 

Rien. C'est là la substantifique moelle de la règle du 97-3.

 

Bien sûr qu'elles ont aboyé. Mais elles s'étaient habituées à leur environnement. Au final elles aboyaient peut-être 3% du temps sur toute une journée.

 

Sanctionner 100%, pour juste 3% de dérive. Ce n'est pas correct.

 

Mais c'est un réflexe humain, présent partout. 

 

Dans une organisation fluide, on estime à 3% le nombre de salariés qui abuseront de votre entreprise,  quoique vous puissiez faire. Vous focalisez sur ces 3%, en mettant en place des contrôles supplémentaires, des procédures, des goulots d'étranglement pour vos managers, vous amène à sanctionner 97% de salariés "innocents" prêts à faire le maximum pour votre entreprise.

 

Vous cherchez à motiver vos salariés ? Arrêtez d'abord de les démotiver.

 

Vous pouvez donc reprendre votre carrière où elle s'est arrêtée.

 

Maintenant que vous avez pris conscience que contrôler vous coûte plus cher que de faire confiance, en temps, en motivation ou en investissement, vous pouvez vous libérez de ce poids sur vos épaules. Vous deviendrez le manager le plus rentable de votre entreprise puisque vous passerez votre temps dans ce que vous savez le mieux faire : manager et produire.

 

Utiliser au mieux les ressources est un enseignement b.a.-ba de tout bon manager, donc commencez par vous poser la question pour votre ressource la plus précieuse : vous.

 

En libérant vos collaborateurs vous libérerez leur potentiel. Laissez-les faire ce qu'ils savent faire. Ils travailleront plus efficacement, de manière plus efficiente et plus agréable pour eux. Ainsi, vous serez apprécié sans même le vouloir (comme une sorte de petit bonus).

 

Comment vous pouvez appliquer le 97-3 pas à pas.

 

Ce changement a réussi à l'entreprise FAVI, dont l'initiateur effectue conférence sur conférence depuis la réorganisation de son entreprise dans les années 80. Il a appliqué cette méthode à la lettre. Un directeur de magasins a quant à lui libéré le placement des hôtesses de caisse de son supermarché. Le résultat ? Certains clients connaissent le nom de leur hôtesse de caisse et choisissent leur file d'attente en fonction d'elle. La fidélisation client à l'état pur.

 

Il existe bien d'autres exemples de la philosophie du 97-3. Chaque entreprise libérée a trouvé son propre chemin, et est fière de livrer son témoignage dans tous les médias. Soyez à l'écoute de votre entreprise pour trouver le vôtre.

 

Dans quelques mois vous pourrez peut-être flâner dans votre entreprise et voir à quel point vos salariés sont productifs. Vous pourrez dormir sans préoccupations du lendemain car vous aurez toujours un coup d'avance. Vous ne serez plus ni débordés, ni aveugle à ce qui se passe dans votre entreprise, ni jugé en deçà de ce que vous méritez.

 

Où en étiez-vous l'an dernier ?

 

Apple a licencié Steve JOBS dans les années 80, car il ne correspondait pas à l'image que souhaitait véhiculer la marque. Il avait tendance à prendre trop de risques. Elle a attendu d'être au bord de la faillite pour oser un changement. Donc dix ans après s'être débarrassé de lui, ils l'ont rappelé pour sa créativité et son talent, faisant d'Apple le géant commercial d'aujourd'hui, aux 280 milliards de trésorerie (l'équivalent du PIB du Qatar ajouté du budget de défense allemand et français).

 

Il faut savoir sortir des sentiers battus quand ceux-ci nous freinent. Tout n'est qu'une question d'attention, d'écoute, de vigilance, sur les conséquences d'un changement.

 

Si vous vous posiez déjà des questions l'année dernière, il est temps de faire quelque chose maintenant pour avancer. Oubliez vos anciens échecs, de communication, de coach ou de motivation. Soyez à l'écoute de votre entreprise et allez interroger vos salariés sur ce qui les freine au quotidien. Accompagnez-les, soyez là pour les aider, mais pas plus. Interrogez-vous sur ce qui alourdit votre journée. Trouvez des solutions.

 

Guidez vos salariés vers la prospérité de l'entreprise. Pensez 97-3. 

 

 

Rédigé par Bastien GARCIA